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  • Promotion des soins traditionnels pygmées,recherches sur les plantes médicinales et aromatiques du gabon, promotion des valeirs traditionnelles. education environnementale, iboga ,bwiti et phytomédicaments.
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29 novembre 2006

Parlons du Bwiti.

Nima na Kombo di Ganga bouékayé, aie bassé!!!

Pour parler du bwiti comme on l'enseigne à l'école de Moueny. je partirais de la génèse c'est à dire au commencemt du Monde, en disant que Dieu en créant le ciel, la terre, les plantes, les animaux , l'homme et la femme , Dieu a mis en outre des règles pour régir cette univers et permettre que tout ceux qu'il a créer vive en harmonie entre eux.

Ce sont ces règles universelles que l'on appelle la tradition ou le bwiti. C'est à dire, lorsque l'on dit chez papa Moueny que l'on suit le bwiti c'est juste pour dire que nous continuons à prendre connaissance de ses règles que Dieu a établi en créant le monde pour nous permettre de vivre en Harmonie avec tout ce qui vie. en effet, à l'Ecole de Moueny, nous pensons qu'il n'est pas possible de vivre en harmonie dans ce monde en occultant les règles de vie que Dieu a établi. La culture africaine étant orale, ces règles de vie sont généralement detenues par les anciens (initiés) qui les transmettent par le moyen des chants,danses, des soins et des proverbes aux jeunes initiés. c'est pourquoi à l'école de Moueny nous accordons un grand respect aux anciens. Mais cette transmissions peut se faire aussi par le canal des visions et des observations.

Soleil le fils de MOUENY (ong Itsamanghe)

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19 novembre 2006

ONG ITSAMANGHE

Bonjour le monde sans frontière,

L' ONG  Itsamanghe ( la lumière sacré) est le symbole de la pureté divine, de l'Amour, de la sagesse et du bonheur. Sur le plan humain, c'est la grande torche allumée au centre du mbandja, autour de laquelle dansent les ngangas pendant la veillée du bwiti.

Itsamanghe a, à son actif, organisé une série de conférences-débats à Libreville. Puis, un mois d'exposition de plantes médicinales et de conférences en février 2006 au Centre Culturel Français dont l'echo résonne encore autoure de la planète. Nous avons signé un partenariat avec l'Hotel de Ville de Libreville pour la création d'un jardin publique dont le lancement des travaux a eu lieu le 05 juin 2006 à l'occasion de la journée mondiale de l'environnement. Le 16 août 2006, nous avons organisé la nuit de la danse sacrée, évènement unique en son genre, de mémoire de gabonais.

Itsamanghe c'est une longue histoire; mais nous vous  dirons simplement que notre ONG est le fruit d'une vision d'un grand esprit: MOUENY. Ses racines,c'est le mbandja du célèbre MOUENY.

Qu'est-ce que le mbandja de MOUENY?

Le mbandja de MOUENY est ce lieu sacré, béni et saint où il enseigne la Tradition à l'homme, à la femme et à l'enfant afin de former des vrais chefs pour nos pays. MOUENY est donc le père spirituel avec ses enfants spirituels qui suivent le Bwiti pur; c'est-à-dire, nous détenons le noyau pur du Bwiti originel sans impuretés et nous croyons que le Bwiti est notre seule chance.

Ceci pour dire que la base d'Itsamanghe c'est le Bwiti pur. On y enseigne tout ce qui fait la vie et comment la préserver. Nous sommes sans alcool, sans fumer,sans drogue. Donc nous sommes toujours lucides. Diboga est patrimoine national grâce à Itsamanghe, le Bwiti est enseigné à l'UOB aujourd'hui grâce à Itsamanghe. Nous recevons des étudiants en Anthropologie au mbandja de MOUENY dans le cadre de leurs recherches, etc.. Nous avons présenté des solutions traditionnelles de conservation de l'environnement, de gestion des déchèts ménagers, etc, qui ont ébranlées plus d'un spécialiste par leur simplicité. Mais, nous attendons que ceux d'en face réagissent un peu...

Telle est notre mission. Autrement dit, le Bwiti que nous suivons au mbandja de MOUENY et qui est la fondation d'Itsamanghe, ne détruit pas la famille, car Itsamanghe c'est le génie. Et, chez le génie,il n'y a pas de problèmes. Si problèmes il y a, il viendront de chez vous- mêmes.

Nous sommes des NGANGAS à Itsamanghe, c'est-à-dire,des Princes, des Sages et des Nobles. Nous sommes différents des féticheurs, guérisseurs, marabouts, magiciens, etc.

Je reste disposé à toutes vos intérrogations sur Itsamanghe.

Amicalement.

Njondo le fils de Moueny.

10 novembre 2006

SOS Pygmées du Gabon

Economie

Rapports économiques entre les Pygmées et les non-Pygmées.

Dans la région du Nord, les rapports économiques entre les Pygmées et les non-Pygmées sembleraient réciproques. A Minvoul par exemple, les Fang reconnaissent « néanmoins » aux Baka des fonctions positives importantes : la chasse, la récolte du miel, le savoir et le savoir-faire thérapeutique. A l’opposé, pour les Baka, les Fang sont les principaux pourvoyeurs d’objets rares (sel, tabac, huile, pagnes, etc.)


Interelation entre Pygmées et Bantous

Aux yeux des Fang, les Bakas apparaissent comme un « bien économique » car souvent dépossédés de tous leur droit humain. Ils sont la propriété d’une famille, d’un individu, voire d’un clan qui se passe pour leur maître. Il existe néanmoins aujourd’hui un autre type de contrat, plus assoupli, qui accorde aux Baka une légère autonomie. Lors de la réalisation d’un travail, le Baka est payé soit en espèce (dérisoire) soit en nature.

Cependant, la valeur « économique » d’un Baka se mesure par la production des biens qu’il procure aux membres de la famille pour laquelle il travaille, sans toutefois refuser les sommes modiques qu’on lui donne.

Circulation des biens et services

Les principaux biens et services échangées entre les Pygmées et les non-Pygmées tournent essentiellement autour des produits forestiers (produits de chasse, de pêche et de cueillette), agricoles et artisanaux.

A côté de ces biens, viennent des services (formes de coopération). En effet, les Pygmées fournissent à leurs voisins immédiats de la viande de brousse ou de l’ivoire et reçoivent en retour des objets ou biens rares (tabac, sel, pagne..).

Dans le même élan, les types de services observés reposent sur les travaux manuels de défrichage. Cependant, il est noté par moments que ces types de coopération sont parfois source de conflit. Par exemple, Emmanuel Mvé Mebia rapporte dans son étude, le cas d’un « chasseur baka qui se plaignait parce qu’il n’était pas bien payé par son « patron ». Après avoir tué deux éléphants, le propriétaire du fusil ne lui donnait que moins d’un quart du montant escompté (

100.000 F

CFA/4 =

25.000 F

CFA). Et quand le chasseur revendique le dû, on lui a demandé simplement d’attendre la prochaine partie de chasse »

Les techniques pygmées

La poterie et la vannerie ne sont pas des activités courantes chez les Pygmées. Elles dépendent de la nécessité ou du besoin en présence.

Les techniques de pêche obéissent à une typologie variable, à savoir la pêche à la nasse, à l’hameçon, à la corbeille et au vidage. Outre les types de pêche énoncés ci-dessus, la prise de poisson, dans la culture pygmée se fait également par l’usage des plantes ichtyotoxiques, c’est-à-dire des plantes ou de feuilles de brousse très toxiques, écrasées et utilisées comme poison de pêche. Culture et communication

Présenter comment communique le peuple de la forêt, les interactions avec les bantou voisins... est l'une des préoccupations majeures de cette section. A cela il faut ajouter les témoignages qui disent parfois longs sur le quotidien des peuples de la forêt du Gabon.

Cette section est aussi une passerelle pour permettre au peuple pygmée de s'exprimer par ses propres termes à travers les témoignages. Culture et communication

Présenter comment communique le peuple de la forêt, les interactions avec les bantou voisins... est l'une des préoccupations majeures de cette section. A cela il faut ajouter les témoignages qui disent parfois longs sur le quotidien des peuples de la forêt du Gabon.

Cette section est aussi une passerelle pour permettre au peuple pygmée de s'exprimer par ses propres termes à travers les témoignages.

Culture et communication

Présenter comment communique le peuple de la forêt, les interactions avec les bantou voisins... est l'une des préoccupations majeures de cette section. A cela il faut ajouter les témoignages qui disent parfois longs sur le quotidien des peuples de la forêt du Gabon.

Cette section est aussi une passerelle pour permettre au peuple pygmée de s'exprimer par ses propres termes à travers les témoignages.

Structures familiales

1. Composition des ménages

Contrairement aux communautés voisines bantous des Pygmées dont la taille de la composition des ménages est en moyenne de 5 personnes (EDSG 2000), les ménages pygmées bakoya, baka et babongo sont composés de 10 personnes en moyenne. Ces ménages sont virilocaux c’est-à-dire exclusivement dirigés par les hommes.

                              

Dénombrement des populations

Au Gabon, on distingue six (6) groupes pygmées différemment répartis géographiquement. A l’instar des autres populations du Gabon, les communautés pygmées se caractérisent par une population relativement jeune (51% en moyenne ont moins de 18 ans). En établissant quelques rapports du recensement effectué, il en ressort pour l’instant :

- Chez les Bakoyas qui occupent le Nord-Est du Gabon et forment pour le moment le groupe le plus nombreux. Ils sont évalués à 2432 individus dont 1238 ont entre 6 et 18 ans et 1124 ont 18 ans et plus.

- Les Bakas occupent la région de Minvoul au Nord du Gabon. Ils sont approximativement au nombre de 402 (206 ont entre 6 et 18 ans)

- Les Babongo situés au Sud du Gabon, dans la province de

la Ngounié

sont environs à 748 âmes, dont 389 âgés de moins de 18 ans.

- Les femmes sont plus nombreuses que les hommes (96 hommes pour 100 femmes).

Structure par âge de la population pygmée
(Provinces du Woleu Ntem, Ngounié et Ogooué Ivindo

Structure de la population pygmée par sexe et par âge

LOCALISATION

Les résultats obtenus à la suite de l’étude réalisée auprès des populations pygmées babongo, baka, et bakoya rapportent :

Les Babongo

Ils sont implantés dans la zone environnant le district d’Ikobé à soixante cinq ( 65 ) kilomètres de la localité de Sindara dans le canton d’Iboua situé dans le département de Tsamba Magotsi Nord-Est de la province de

la Ngounié

, elle même localisée au sud du Gabon.

La communauté pygmée baka essaime la région de Minvoul. Celle-ci est localisée à l’Est du département du Haut- Ntem dans la province du Woleu- Ntem, elle même située au Nord du Gabon

10 novembre 2006

La tradition est la base de toute société

LA TRADITION AU

SERVICE DE L’ EDUCATION

  La tradition est la base de toute société . C’ est le socle sur lequel vient se poser le modernisme . La tradition constitue tout le patrimoine que nous ont légué nos ancêtres ; c’ est un mode de penser , c’ est le savoir par excellence , c’ est notre chemin , c’ est notre vie .

         

        Dans la société , il existe des valeurs qui sont des valeurs traditionnelles qui nous permettent d’ affirmer que la tradition est universelle et unique à travers le monde entier , ces valeurs sont : le soleil , la lune , les étoiles , le feu  et l’ eau . Partout dans le monde , que nous soyons au Nord , au Sud , à l’ Est ou à l’ Ouest ces valeurs sont les mêmes .

      La tradition c’ est l’ école de la vie . Elle nous permet de savoir qui nous sommes ,de nous connaître nous même  et savoir quelle est notre position par rapport à la société toute entière ; quelle est notre place , notre rôle , et nos missions vis à vis de la société . Elle permet l’ éducation de l’ Homme . Cette mission qui est très vaste , et qui intègre tous les aspects de  la vie de l’ être humain demande beaucoup de sagesse et d’ abnégation de la part des enseignants ; c’ est pourquoi autrefois , les parents passaient plus de temps  avec leurs enfants , et ceci suivant le sexe , les jeunes garçons avec les hommes et les jeunes filles avec les femmes . Les enseignements étaient diversifiés et compartimentés . Chacun dans son milieu faisait ses preuves . C ‘ est après des longs mois d’ apprentissage et une mise à l’ épreuve  que le jeune garçon ou la jeune fille était jugé apte à intégrer la cour des grands . Si l’ épreuve finale n’était pas concluante l’ enfant reprenait sa formation jusqu’ à ce qu’ il soit  jugé digne et prêt d’ intégrer la cour des grands .

      C’ est dire combien la rigueur était de mise , et elle permettait aux uns et aux autres de faire attention avant de poser un quelconque acte .

        Le mariage qui est la première institution crée par Dieu se faisait suivant la loi traditionnelle , c’ est-à- dire qu’ un jeune garçon qui n’ avait pas encore réussi son épreuve ne pouvait pas s’ approcher d’une jeune fille qui se trouvait dans les mêmes conditions que lui ; il fallait que de part et d’ autre chacun ait fait ses preuves devant l’ assemblée des sages qui répondait de la dignité des jeunes gens . En outre , il fallait compter sur l’ accord des parents , c’ est – à- dire ,ceux de la jeune fille et ceux du jeune garçon . Rien ne se faisait au hasard , ou sur un coup de tête . Il fallait  en plus, pour l’ honneur des parents , du village , du clan  que la jeune fille soit vierge . C’ est seulement après avoir rempli ces conditions que les deux familles se réunissaient afin de mettre en place   un programme pour les cérémonies du mariage qui se terminaient par une bénédiction parentale .

       Les rapports sexuels en dehors des liens de mariage n’ existaient pas , le phénomène de famille monoparentale ; les grossesses précoces , les avortements clandestins , les bébés retrouvés dans les décharges publiques n’existaient pas non plus .

Les lois traditionnelles qui constituaient la base et le fondement de la vie en société étaient respectées par tous , elles définissaient la place , le rôle et les missions de chaque personne , ou de chaque chose dans la société . Le non respect de ces lois entraînaient  automatiquement la malédiction qui est une maladie grave qui entrave la vie de l’homme. C’ est pourquoi , dans cette société rien ne se faisait sans éducation gage de la réussite de la vie de l’ homme . C’ est cette éducation qu’ on appelle initiation .

    On apprenait à l’ homme qu’ elle était sa place vis à vis de la femme et vis versa. Ceci pour montrer  à l’ homme et à la femme q’ il n y a pas   de supériorité , ni d’ infériorité entre les deux mais seulement un homme  et une femme et chacun ayant ses missions . Dieu en créant la femme lui confia la mission d’ être aux de l’ homme afin de l’ aider à accomplir sa mission . Au cour de leur initiation , on apprenait aux enfants qu’ il existe un être suprême qui a tout crée , depuis l’environ dans lequel nous évoluons jusqu’ à l’ être humain et cet être s’appelle DIEU.   Nous lui devons obéissance et respect ; au même titre que papa et maman qui sont les représentant de Dieu sur terre .

Tout ce qui se faisait ou se disait était sous le contrôle des sages garants de la connaissance acquise . Tout se faisait avec leur bénédiction , car la  vie elle même est une bénédiction . La connaissance allait de père à fils grâce à l’ éducation qui représentait la courroie de transmission des valeurs . La société était organisée et ordonnée . L’ amour et l’ harmonie y régnait . Il n’ y avait pas d’ injustice .

    Au sortir de leur initiation , les jeunes gens étaient contents et fiers d’ avoir réussi brillamment leur examen pour le plus grand plaisir des parents qui voyaient en ces enfants leur avenir leur espoir , parce que les enfants constituaient le miroir des parents , du village du pays , du continent .

      Les enfants , animés par un idéal qui expliquait l’ attachement à l’ être suprême , avait un comportement impeccable  , qui se manifestait par l’ amour du prochain , l’ amour du village , du pays , du continent . Cet amour qui est la clé qui ouvre toutes les portes , cet amour qui garantit la paix ; et la paix qui est  source de développement  sur tous les plans . C’ est  dire combien les enfants étaient fiers , animés par l’ esprit de fidélité  , fidélité à l’ être suprême , à la famille , au village,  au pays et fidélité au continent .

Toutes ces valeurs étaient des moyens qu’ on donnait à l’ Homme pour l’ amener , pour le faire tendre vers la perfection , pour que l’ homme soit distinct des autres espèces  , pour que l’ homme soit  réellement à l’ image de DIEU .

Garle Garle le fils de Moueny.

         

         

10 novembre 2006

Les savants villageois parlent de Mutombi et de Movingui

Séminaire interdisciplinaire du Luto

Libreville, 21-26 Juin 2004

Les savants villageois parlent de Mutombi et de Movingui

Henri Bourobou Bourobou

Maître-Assistant CAMES

Laboratoire de Botanique appliquée

Institut de Recherche en Ecologie Tropicale

CENAREST

Les savants villageois parlent de Mutombi et de Movingui

Bourobou Bourobou H.*

Keywords : Mutombi, Movingui, Flora of Gabon, timbers, symbols, trees women

Résumé

Movingui et Mutombi sont des arbres de la flore du Gabon. Si ces deux espèces (Distemonanthus benthamianus et Copaïfera religiosa) sont utilisées comme essences de bois d’œuvre ; force est de constater que Movingui et Mutombi occupent une place prépondérante dans nos traditions, où celles-i sont considérées comme de véritables symboles représentant des femmes arbres en forêt.

Summary

Villagers speak about Mutombi and Movingui

Movingui and Mutombi are two trees belong to flora of Gabon. These trees are usefuled like timbers. However Movingui and Mutombi are very useful for our traditions because the two trees are symbols which mean trees women in forest.

Introduction

Movingui et Mutombi sont des arbres de la flore du Gabon. Les scientifiques les appellent respectivement Distemonanthus benthamianus Baill. et Copaïfera religiosa Léonard. Les deux espèces appartiennent à la famille des Légumineuses notamment les Caesalpiniaceae. L’objet de cette communication est de montrer comment les deux espèces botaniques sont perçues dans la société traditionnelle gabonaise. Pourquoi peut-on classer Mutombi et Movingui parmi les grandes figures gabonaises ?

Il faut dire quelques mots sur la notion de grandes figures qui était assez floue pour moi, il y a quelques mois; j’avoue que j’avais cru à un moment donné que la notion de grandes figures ne concernait essentiellement que l’homme en tant que homme ; et c’est peu à peu que j’ai appris que je pouvais aussi avoir une tribune à ce séminaire en tant que porte parole des plantes parce que les plantes n’ont pas d’avocats.

En effet, je dois parler de deux espèces d’arbres qui sont pour l’homme traditionnel des plantes femmes à cause de leur beauté légendaire.

Pour vous en parler, j’ai procédé par une démarche scientifique.

Bilan des travaux antérieurs : voici ce que des auteurs comme Walker et Sillans (1961 ; 1963) ; Faure et Vivien (1985) ;  disent à propos des deux espèces d’arbres:

Movingui : Movingui est un assez bel arbre, remarquable par son tronc rougeâtre, généralement droit, cylindrique. Il est considéré comme l’arbre des sorciers. L’arbre a des longues racines traçantes très minces. Ecorce lisse, très mince, de couleur rouille. Distemonanthus benthamianus est une espèce qui est regardée par les savants illettrés comme un talisman d’invulnérabilité pour les guerriers ; les flèches ou les balles glissent sur le corps – sans pouvoir y pénétrer. Pour cela, il suffit de se frotter avec de la poudre d’écorce associée à celle du bois rouge (Pterocarpus soyauxii – Mimosaceae ou Padouk). Cette même préparation s’emploie contre les affections de la peau ou en lavements. Dans certaines langues du Gabon, Movingui s’appelle : ogèminya (Mpongwé, Nkomi) ; muvègè (Bandjabi) ; muvèngi (Bapunu, Balumbu) ; ovèngè (Apindji, Mitsogo, Simba) ; eyèn (Fang).

Répartition géographique : Sierra-Léone au Gabon

Tableau 1 : Informations relatives à Distemonanthus benthamianus (Movingui)

Mutombi : Mutombi est un arbre magique. Arbre magnifique à fût rouge, très gros, très grand et très droit. C’est le bel arbre, sans contreforts, de toute la forêt primaire gabonaise. La couleur rouge de son tronc a amené les savants villageois à le consacrer le roi des Arbres, c’est-à-dire, l’arbre sans pareil semblable à l’arc-en-ciel. Pour eux, c’est un arbre mystérieux qui résonne comme pour répondre, lorsqu’on le frappe. L’arbre donne la richesse, les honneurs, la célébrité…L’arbre est peu commun. La tranche de l’écorce qui est rouge brique ou orangée dégage une odeur d’amande amère. Les populations récoltaient la résine odorante de l’aubier et du bois du cœur pour se parfumer. La résine servait à fabriquer des torches utilisées dans les veillées du Bwiti en guise de flambeaux. L’arbre n’était pas abattu et était exalté dans les chants ; l’écorce odorante est comptée parmi les aromates offerts aux esprits ou déposés sur les tombes des défunts. Avec l’écorce des jeunes arbres, certains peuples du Gabon fabriquaient des boîtes cylindriques pour conserver les crânes des ancêtres. Autrefois, les trafiquants qui effectuaient de longs voyages, prenaient la précaution de se laver tout le corps avec une décoction de l’ écorce pour pouvoir réussir leur mission. Cette coutume était aussi utilisée par les gens de la côte lorsqu’ils allaient chasser les lamantins ; de cette même décoction, on tirait une eau spéciale, destinée à laver les statuettes du Bwiti ou à purifier les Nganga du Bwiti. On s’en servait aussi pour s’attacher les gens, ou pour gagner les bonnes grâces des Blancs, des Chefs traditionnels ou autres personnages influents. Par ailleurs, c’est au pied des grands arbres que de nombreuses populations du Gabon enterraient autrefois des jumeaux décédés, jeunes ou vieux. Enfin, c’est à l’ombre de cet arbre-fétiche que se déroulaient généralement les cérémonies d’initiation au Bwiti. En pharmacopée traditionnelle, l’écorce de Copaïfera religiosa (arbre porteur de copal) s’employait en macération pour calmer les règles douloureuses, et en fumigations (ifulu) contre les maux de tête et les douleurs des reins. L’espèce Mutombi porte divers noms vernaculaires dont voici quelques uns pour mémoire : olumi (Mpongwé) ; motombi (Mitsogo, Simba,Apindji) ; mutombi (Bandjabi, massango, Bavili) ; murèdji (Bapunu) ; anzem (Fang) ; indèmba (Benga).

Répartition géographique : Cameroun, Gabon, Congo

Tableau 2 : Informations relatives à Copaïfera religiosa (Mutombi)

Méthodes d’étude

Pour faire ce travail, nous avons utilisé deux approches :

-         Une approche bibliographique qui consistait à regarder la littérature existante sur la question ;

-         Une approche de terrain car nous avons utilisé des résultats d’enquêtes que nous avons accumulées depuis plus de 15 ans de recherche en ethnobotanique.

Résultats et discussions

Mutombi et Movingui sont dans le règne végétal ce que le serpent vert et le serpent noir sont dans le règne animal (mubambe na mudume). ce sont des plantes sœurs qui habitent l’Afrique tropicale. Comme les scientifiques, les ruraux distinguent bien leur écologie : Copaïfera religiosa affectionne la forêt dense sempervirente alors que Distemonianthus benthamianus croît dans des vieilles formations secondaires ; c’est-à-dire que Movingui habite à mi chemin entre le village et la grande forêt qui est l’habitat privilégié de Mutombi. Mutombi et Movingui sont parmi les arbres les plus beaux de la forêt, leurs troncs sont longs et droits. Ce sont des beaux arbres comme pour caricaturer le monde des humains. Ces arbres se muent de la base vers le haut, tout au long de leur vie ; leur écorce est renouvelée régulièrement.

Movingui et Mutombi s’imposent par leur présence dans un habitat donné. Là où pousse leurs représentants ; il règne un calme étonnant, la base des troncs est toujours propre. Les individus de chacune des espèces changent leur feuillage totalement chaque année notamment en saison sèche.

Mutombi et Movingui symbolisent la beauté, la beauté de la femme traditionnelle, la beauté de la forêt toujours productrice, la beauté des êtres qui se cherchent; la beauté de l’homme qui demande la faveur, la beauté du corps qui recherche la protection et la guérison.

Mutombi et Movingui symbolisent des génies ; ces arbres médico-magiques sont en fait, des arbres fétiches, qui donnent à la femme le meilleur parfum du monde pour conquérir l’être cher ou attirer les regards des hommes les plus têtus.

Mutombi et Movingui sont des génies de la faveur et de l’espoir. Si l’on doit espérer ou avoir une faveur, il y a un conseil, c’est celui d’aller demander aide, et protection à ces deux êtres vivants.

Mutombi et Movingui symbolisent l’ordre et la propriété, le calme et le silence, la lumière et la discrétion. Partout où poussent ces deux espèces, il y a la présence des génies. La couleur brune de l’écorce des deux espèces symbolise l’arc-en-ciel qui est en fait la vie et non le serpent qui est l’ennemi de l’homme.

Mutombi et Movingui sont des arbres inséparables ; et Matsanga Kouély (com. Pers.) illustre cela par une chanson : « Muvèngui na mutéli mua muiri lale eh eh eh. ». Il y a dans la forêt des plantes sœurs, parfois aussi des plantes mâles et femelles : par exemple, Muvèngui et Mutèli sont des plantes sœurs tout comme Mwambe bènga (Enantia chloranta) et Mwambe pinde (Polyalthia suavolens). Chez les raisins du Gabon (Mufire ou (Mumbundu) qui sont des arbres de sous-bois de forêt, il y a d’une part des pieds mâles et d’autre part des pieds femelles.

Mutombi et Movingui sont considérés dans nos traditions comme des jumeaux. Ce sont donc des initiés de la forêt qui deviennent à leur tour des maîtres initiateurs ; c’est pourquoi, les êtres humains qui sont à la recherche du chemin de l’espoir ou de Dieu vont se faire initier à leur pied.

Mutombi et Movingui symbolisent la suprématie ; leur tronc qui renferme une écorce lisse ne donne pas la possibilité à l’homme de grimper le long des arbres.

Si Movingui et Mutombi servent beaucoup plus de cadre à diverses cérémonies rituelles. Ce sont des plantes médico-magiques. Mutombi est recherché pour son cadre exceptionnel mais aussi pour son écorce parfumée dont la décoction prise en boisson sert de tisane. L’arbre qui possède une écorce mystérieuse destinée à des bains spéciaux (Missussu) est recherché pour des rites d’initiation, la purification des banzis, l’initiation au Bwiti, la recherche des faveurs, le lavage de corps, les bains de chance.

Movingui sert beaucoup aux cérémonies rituelles qu’à autre chose.

Mutombi et Movingui restent avant tout des plantes médico-magiques qui soignent à la fois, le corps et l’esprit. Ces deux espèces appartiennent à un environnement donné qui a vu passer le temps et des générations. Cela veut dire que le monde a évolué. Alors qui est-ce qui a réellement changé ? Pas grand chose.

Walker et Sillans (1961 ; 1963) rapportent beaucoup de choses à propos de ces arbres. En effet, lorsque nous confrontons nos résultats ; aux données d’auteurs, nous constatons que parmi de nombreuses coutumes d’antan, il y en a encore beaucoup qui restent d’actualité aujourd’hui.

Parmi les coutumes qui n’existent plus, nous pouvons citer chez Distemonanthus benthamianus : la fabrication de talisman d’invulnérabilité pour les guerriers ; chez Mutombi ; on note la fabrication à partir des jeunes arbres des boîtes spéciales pour conserver les cranes des ancêtres ; l’enterrement des jumeaux décédés, jeunes ou vieux au pied des grands arbres ; le lavage des statuettes du Bwiti avec l’eau issue de la décoction de l’écorce.

Parmi les usages qui restent d’actualité, nous pouvons mentionner les aspects suivants :

Chez Mutombi, on note encore les rites d’initiation, la purification des Banzis, l’initiation au Bwiti, la recherche des faveurs, le lavage de corps, les bains de chance et certains usages médicinaux relatifs à son écorce (notamment pour soigner les règles douloureuses chez les femmes ou encore en guise de boisson pour apaiser la soigne chez tout le monde).

Chez Movingui, on observe encore des cérémonies de mussussu ou d’initiation à certains rites comme le djiembè ou encore l’utilisation de son écorce en pharmacopée traditionnelle notamment pour soigner la peau ou pour confectionner des poudres destinées aux esprits des ancêtres (bissièmu).

Alors question ! Peut-on classer Movingui et Mutombi parmi les grandes figures végétales ?

La notion de grandes figures dans ce cas serait assez ambiguë si on met l’homme d’un côté et l’environnement de l’autre. Par contre, la notion de grandes figures se comprendrait aisément lorsque l’homme fait partie intégrante de son environnement. Pourquoi ? Il n’ y a pas de grandes figures sans se référer d’abord à l’homme. Les grandes figures existent partout où l’homme vit ; parce que ce sont les hommes qui construisent le monde ; ce sont toujours les hommes qui détruisent ce qu’ils bâtissent ; et ce sont les mêmes hommes qui nomment les plantes, les animaux, les choses qu’ils côtoient dans la nature, en fonction de ce que cela représente pour eux. La notion de grande figure trouve son sens en fait dans ce que l’homme gagne en retour. Dans ce cas Movingui et Mutombi remplissent bien les conditions pour être élevé au grade de grandes figures végétales. Movingui et Mutombi constituent un tout pour l’homme de forêt qui a besoin également de beaucoup de nourriture spirituelle pour vivre. 

Ce que nous avons dit sur Mutombi et Movingui sont des choses vraies pour la personne qui prête une oreille attentive aux réalités de sa tradition. Ces réalités culturelles ne sont pas vraies pour l’homme de la ville, appelé aussi le nouveau blanc qui pense que la vie commence à 6 h du matin pour s’arrêter à 18 heures le soir.

L’Afrique est un merveilleux continent qui a ses peuples, ses traditions et ses mystères. Tout ce qui vit avec l’homme est né depuis la création ; tout ce que l’homme devrait faire c’est suivre les traces laissées par la tradition ; car la tradition c’est Dieu ; et Dieu ne peut pas induire l’homme en erreur ; c’est l’homme plutôt qui est responsable de ses propres erreurs ; regardez par exemple disent les sages : « lorsque l’homme Africain choisit de vivre comme un blanc ; il oublie que le blanc vit comme sa tradition le lui recommande ».  Regardez par exemple nous fait remarquer un autre sage : « l’Africain oublie qu’il n’ y a aucune tradition qui soit supérieure à une autre ; toutes les traditions se valent ; sinon Dieu serait injuste. Le problème de l’homme, c’est l’homme lui-même ».

Tout ce que nous avons dit ne vient pas de nous. ce savoir immense vient des villageois qui m’ont enseigné pendant des jours et des semaines ; tout ce que nous avons fait, c’était écouter et traduire leur pensée à travers l’écriture. Les villageois sont formidables, parce que ce sont des Savants et les intellectuels devraient reconnaître cela au lieu de sombrer dans l’ignorance absolue.

Remerciements

Les différentes données de terrain ont été obtenues grâce aux personnes suivantes : Moungazi Augustin (Makokou) ; Matsanga Kouély (Moabi) ; Mbadinga Bourobou et Okamé Jean Michel (Mouila) ; Mintsa Mi Obiang (Libreville) ; Tengué (Bilengui, Mimongo).

Bibliographie

Vivien J. ; Vivien J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. ACCT. Ministère des relations extérieures, Coopération française. Paris , 565 p.

Walker R. ; Sillans R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Encyclopédie biologique. Lechevalier. Paris. 614 p.

Walker R. ; Sillans R., 1963. Les Rites et croyances du Gabon. Paris

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10 novembre 2006

Le Bwiti dans le mbandja de Moueny

C'est le Bwiti du développement durable.

Le Bwiti c'est Dieu.

Il est le créateur du ciel, de la terre, des plantes, des animaux, des choses et de l'homme...puis de l'homme il sort la femme et laisse l'enfant dans l'homme.Il créat toutes les créatures à son image.Ce qui fait de lui un ETRE parfait et infini.

Le Bwiti c'est l'être humain.

Il a été crée à l'image de Dieu pour accomplir son rôle sur terre. L'être humain est le dieu évident sur terre.Le rôle de dieu est de crée et protéger ses créatures.

Le Bwiti c'est l'univers, la nature.

Tout a été crée à son image; le ciel avec tout ce qu'il contient, la terre avec tout ce qu'elle regorge sont la représentationde Dieu et sont entourées des mystères, des phénomènes et des lois auxquels les êtres mobiles doivent observer pour établir une harmonie avec Dieu.

Le Bwiti c'est la relation dynamique existante entre l' être humain, l'Univers et Dieu.

Dieu met en place un cadre (le monde) bet l'anime. l'être humain la dernière créature, est l'initiateur de la relation car il doit jouer le rôle de Dieu sur terre. Mais pour se faire, il doit crée un lien avec toutes les créatures de Dieu d'ou l'obligation pour lui de suivre la tradition pour comprendre les mystères, les phénomènes et de respecter les lois de la nature. Au regard de tout ce qui précède, l'être humain tire alors son droit que Papa Moueny appelle "le droit naturel".

Le Bwiti c'est la vie.

Le rôle de Dieu que l''être humain accomplit sur terre n'est autre que tout ce qu'il fait durant son existance autrement dit sa vie. Le rôle de dieu sur terre chez l'être humain s'évalue ou s'observe dans la recherche le comportement  de celui ci. le comportement de Dieu  est impeccable. Pour que l'être humain ait un comportement impeccable, il faut qu'il suivent le Bwiti. Au Mbandja de Moueni on nous demandera de suivre le Bwiti. l'être humain étant un être imparfaits son suivit du bwiti du bwiti l'amène non seulement à améliorer son comportement à fin qu'il soit impeccable, mais égalemement à s'élever spirituellement vers Dieu. Autrement dit, il applique le droit naturel. Mais pour appliquer  le droit naturel, il faut au préalable se l'en imprégner ,  alors, ou le trouve-t-on car il n'est écrit nul part?

Le Bwiti c'est la tradition.

La tradition celon Papa Moueny est l'ensembles des valeurs premières crée par Dieu au commencement de la vie.(la lune, le soleil, la terre,les étoiles, les plantes les animaux, les choses, l'homme et la femme)La tradition est invariable et unique.En un mot la tradition c'est la conception première du monde.Tout étant crée à limage de Dieu, la relation existante entre ces créatures forme le monde et ce monde est régis par le droit naturel qui constitue la tradition divine, fondement de l'éducation et de l'instruction:c'est la le caractère universel du Bwiti. C'est cet ensemble de valeurs perdues par la société actuelle au détriment des multiples cultures.Mais certaines de ces valeurs ont été conservées à travers le monde par des peuples Indiens ou Pygmée qui ont pu garder leurs manières de vivre en évitant l'homme d'aujourd'hui.Le bwiti est au centre du développement durable , de la vie de l'être humain et de la conservation de notre biodiversité. C'est pourquoi Papa Moueny et ses enfants spirituels ayant expérimenté ses enseignements dans son mbandja, a crée  l'L'ONG ITSAMANGHE qui est l'Agence pour la promotion des soins traditionnels Pygmées, la recherche sur les plantes médicinales du Gabon, et la promotion des valeurs traditionnelles. Pour promouvoir une société d'Amour, d'Union, de Lumière et surtout sans frontière et sans distinction de race ou de couleur.

Voyageur le fils de Moueny

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